Route solaire à Tourouvre dans l’Orne

 

Ici dans l’Orne les bornes de recharges sont en plein développement.
Aujourd’hui 17 décembre 2016 il y a plus d’une dizaine de bornes accélérées, j’en ai utilisé 4 pour l’instant.
La liste est visible sur chargemap et sur le site du syndicat électrique se61.fr.
Il faut un badge valable jusqu’à fin 2017 à 20€ qui comprend toutes les recharges.

Ce qui est nouveau est ce qui va se produire jeudi 22 décembre.
Car en liaison avec ce réseau de bornes, il va y avoir une inauguration de la « route solaire », route spéciale qui comporte dans son revêtement des panneaux solaires photovoltaïques.

Samedi 17 je suis passé y faire un tour.
Suivent donc ces 6 photos.

Je n’ai pas pu rouler dessus, pour l’instant elle est interdite à la circulation, probablement jusqu’à jeudi.
Par contre j’ai pu tripoter le truc. C’est franchement rugueux au doigt, je pense plus qu’un revêtement classique fait de graviers+bitume.
La route en question relie la commune de Tourouvre (Près de Mortagne au perche) à la N12, par la D5.
Il se trouve qu’elle est en descente et orientée sud. Ce choix d’une descente ajoute 5 à 10° d’inclinaison favorable vers le sud.
Un seul sens de circulation a été revêtu, celui de la descente.
Sur les photos les panneaux sont recouverts d’un feutre de protection blanc.
L’aspect final est très mat, aucun risque à mon avis de reflet du soleil, encore moins vue l’orientation/inclinaison car même l’hiver le soleil n’est jamais rasant dans cette direction.

La route depuis le village de Tourouvre (où les dalles photo ont été fabriquées)

route_solaire_sous_une_bache

tourouvre_solaire

Sous la bâche:

laroutesolaire2

En pratique ce sont ensuite des classiques onduleurs solaires qui injectent la production sur le réseau. Ils ont été mis derrière un abri bus, lequel a des cellules solaires sur son toit (Il y a 8 onduleurs)

abribus-route_solaire
Mais tout ne s’arrête pas là. Car ceux qui ont bien regardé les 2 premières photos ont vu une borne pour recharger les véhicules à batterie:

borne_tourouvre_rapide

et tant qu’à faire c’est une borne dite rapide tristandard:

borne_tourouvre_choix_prise
Comme elle va être gérée par le syndicat électrique, elle sera disponible 24h/24. Une autre première dans l’Orne, nous n’avons pour l’instant qu’une seule borne de ce type au conseil départemental à Alençon (gratuite), mais pas 24h/24.

Ce n’est pas la première fois que des bornes pour VE sont reliées à des panneaux solaires photovoltaïques, mais c’est la première fois qu’ils sont incorporés à la route.

Je n’ai pas pu vérifier mais il est question d’une longueur d’1 km et 2,80 m de large.

Colas, dans son communiqué indique une production attendue de 280 MWh par an, 767 kWh moyens/jour et des pointes de 1500 kWh/jour l’été.

 

Puis samedi 29 décembre j’y suis retourné, donc une semaine après l’inauguration officielle et la connexion au réseau électrique.

Cette route est libre de circulation. J’y ai trouvé un trafic important. Elle est donnée pour 2000 véhicules/jour et clairement il fallait ajouter les curieux, comme moi même.

Arrivant depuis la N12, donc par en bas, j’ai roulé sur la bande en bitume classique. Bien silencieuse, 46 db à 50 km/h à bord. On longe des murets en béton qui vont s’avérer par la suite abriter une très grosse quantité d’onduleurs.

route1route2

route3route4

Ensuite on arrive en haut au rond point puis on peut redescendre et se garer sur le parking de la borne de recharge rapide.

Celle ci demande d’abord de choisir la langue, puis la prise, puis un badge. Mon badge du se61 a parfaitement été reconnu. Ensuite on indique la durée de charge.

J’ai fait juste de petits tests sur la prise domestique qui est hyper sensible, elle n’accepte aucun dépassement même très bref. J’ai pu charger à 6A mais dès que je suis passé à 10A elle a coupé. J’aurai du tester la prise T2. Ce sera pour une autre fois.

borne_rapide2

Cette route peut-on lire peut produire plus de 300 kW. Et pour cela il y a un nombre très élevé d’onduleurs solaires. Ils sont regroupés par 4 soit fixés sur des murets en « fausse pierre » côté descente et contre des murets en béton quasi-continus côté opposé. Tout à côté il y a une ligne 230/400 v aérienne et une autre de 20 kV. D’après les photos se seraient des onduleurs 4,4 kW soit plus de 70 onduleurs. Ils sont reliés à la basse tension 230/400v

Les onduleurs:

onduleurs1onduleurs2

onduleurs3_borne_rapideonduleurs4_abribus

onduleurs5onduleurs5_dos

Le panneau indiquant les puissances et énergie du jour et depuis le 22 décembre:

panneau_puissance_energie

 

On lit 76,3 kWh mais attention, ce chiffre est figé. Car j’ai retrouvé exactement la même valeur sur d’autres reportages faits d’autres jours parfois dans le brouillard avec le même chiffre de puissance …

On ne peut donc que conclure que la route n’est pas connectée au réseau !

Mais la caractéristique la plus impressionnante n’est pas cette production, décembre est le plus défavorable pour une telle route presque horizontale, il faudra revenir comparer en été, mais le niveau sonore des pneus des voitures qui roulent dessus.

On se croirait sur des pavés « parisiens » voir en plus bruyant encore.

A mon avis c’est surtout du aux raccords entre panneaux qui se font avec un creux de quelques millimètres. Les pneus tapent dans cette rainure parfaitement transversale. En roulant en descente sur cette route au lieu de 46 db en montée (en électrique donc le bruit du moteur peut être ignoré) j’ai mesuré 54 db !!! à 60 km/h et j’ai osé rouler à 70 km/h pour 60 db avec un niveau insupportable de vibrations à bord. C’est bruyant de dehors et de dedans.

A mon sens il y a un sérieux loupé là, il y a au moins une habitation juste à côté. L’essentiel de cette route est en-dehors de l’agglomération, donc limitée à 90. Je n’ose imaginer le niveau de vibrations à bord.

Il aurait fallu réunir les plaques en les interpénétrant, disons en peigne. Par exemple en les disposant dans le sens de la marche et pas en travers. Ou alors injecter une résine pour boucher ces « fentes ».

 

Le revêtement sur lequel il reste un genre de sable blanc:

detail_dalles

 

Borne de recharge courant continu, ChaDeMo

Suite à différentes lectures sur la toile, le protocole chademo est en passe d’être enfin public, pour les diy’ers.
Chademo est un protocole de charge en courant continu. le chargeur n’est pas embarqué, il est dans la borne, d’où un gain de masse embarquée, un chargeur de 50kW c’est pas rien, y compris en termes de chaleur à dissiper. Le prix est lui aussi élevé.
En France les limites sont 125A, 500v ou 50kW. le connecteur peut accepter selon certaines lectures 200A.
On en trouve chez Auchan, Ikea, Nissan etc..

Bien sûr, une mise en garde s’impose. On ne gère pas 125A pendant par exemple 1/2 heure et jusqu’à 500v sans prendre de sérieuses précautions dans le véhicule: isolation HT et gestion de la chaleur. La mesure de la température des accus  s’impose.

Il y a deux aspects:
-matériel
-logique

Matériel, la fiche est attachée à la borne et on doit donc avoir sur nos véhicules un socle par exemple:

socket_chademo

Taille environ 10x10cm.
Un socle officiel (par exemple yasaki) est cher, on peut lire entre 500 et 800$ !

0n voit 8 broches fines et 2 grosses.
Bien sûr les 2 grosses vont être reliées aux accus et les 8 fines (dont la N°3 n’est pas utilisée) servent à la communication entre chargeur et voiture.

Il y a une description générale du dialogue sur le site chademo (Tm): chademo

Connector_chademo

Sur ce schéma il manque un fusible 125A HT.

Dialogue entre le chargeur et le véhicule:

  1. Le chargeur fournit un + 12v entre la broche 2 et la 1 qui est la masse du véhicule
  2. le véhicule répond sur le bus can à 500kb/s entre broche 8 et 9. par le pid 0x100 qui contient 8 octets;
    les 4 octets à zéro puis
    la tension maxi des accus sur 2 octets (poids faible en premier)
    La capacité des accus en kWh
    Un octet à zéro
    Il envoie aussi le pid 0x101 (durée de charge)
    Premier octet zéro
    2ème octet 0xFF
    3ème = 90
    4ème = 60
    les 4 autres = zéro
    et le pid 0x103 (statut)
    premier octet=2 (Version chademo=1)
    Tension finale sur 2 octets (poids faible en premier)
    Ampères demandés 1 octet
    Octet défauts mettre zéro si ok
    Octets statut mettre zéro si ok
    kWh à charger 1 octet
    8ème octet = zéro
  3. le chargeur répond avec un pid 0x108 qui contient
    la tension possible sur 2 octets
    l’intensité possible sur 1 octet
    la tension de seuil sur 2 octets
  4. Si le véhicule est ok avec ces valeurs il met à la masse la broche 4. Cette broche permet d’activer/désactiver la charge et fera double emploi avec les futurs messages du bus can
  5. Le chargeur verrouille la fiche dans le socle puis effectue un test de sécurité en envoyant une brève tension HT sur les broches 5 et 6, celles de puissance. Remarque les accus ne sont pas encore reliés à ce stade.
  6. Quand le chargeur a effectué son test, il connecte la broche 10 à la masse.
  7. Le véhicule ferme alors les 2 contacteurs HT. Ces contacteurs sont donc alimentés par le chargeur en 12v avec autorisation de la part du véhicule.
  8. Le véhicule commence à envoyer deux pid à un rythme de 10 par seconde. Ce sont
    le pid 0x404 qui contient:
    la tension actuelle (poids fort en premier) sur 2 octets
    l’intensité actuelle (idem) 2 octets
    les Ah (depuis le début de la charge) sur 2 octets
    deux octets à zéro
    et le pid 0x505 qui contient:
    la puissance en kW sur 2 octets
    les kWh sur 2 octets
    4 octets à zéro.

Tester les réponses obtenues sur le bus can, pid 0x109, et en particulier une éventuelle
erreur.

Comme ces infos sont connues du chargeur, il va y avoir comparaison et il y a une
« tolérance » qui semble être 7V 7A.  Lien
La vitesse de montée demandée peut être de maxi +20A/seconde soit 2A entre 2
émissions de pid par le véhicule.
Ne pas demander moins de 10A semble-t-il. Soucis de stabilité ?

Demander un courant zéro arrête la charge puis on ouvre les 2 contacteurs HT puis ne
plus mettre à la masse la broche 4.

Ce bus can semble un peu particulier. Il est question d’une tension de 12v, du moins au début. A priori il faut utiliser des transceivers de type swcan (single wire can) donc pas compatible avec, par exemple, le bus can des Prius.